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Jeanne et Nous

A Montaigu, ces "labs" vont travailler autrement


Une structure dédiée à la communication et une société de fabrication numérique vont ouvrir an Terres de Montaigu. Leur philosophie : partager lieux, outils et savoirs

 

Mettre en commun des lieux, des moyens de production, mais aussi des connaissances. Le co-travail (coworking) est dans l'air du temps. II répond à des besoins de particuliers ou de professionnels indépendants en quête d'outils, de formation et d'échanges. Mais pas seulement. Des grosses entreprises peuvent aussi y trouver des compétences.
Le concept va se développer dans les semaines à venir dans le nord de la Vendée, dans la dynamique deuxième couronne nantaise. "On a senti qu'il pouvait y avoir une demande en Terres de Montaigu. On a lancé une enquête pour cerner son ampleur", indique Antoine Chéreau, président de la communauté de communes.
Fallait-il mettre des locaux à disposition ou seulement créer du lien entre des personnes intéressées ? La réponse est arrivée rapidement aux élus. Deux entrepreneurs mûrissaient leurs projets depuis déjà quelque temps : Laurent Charliot de l'agence de communication Cox basée à Boufféré, et Emmanuelle Roux, la créatrice de SC21 implantée à la Roche-sur-Yon.


Laurent Charliot veut créer un "médialab" (laboratoire de communication) dans ses locaux de Boufféré,
Emmanuel Roux son
"fab lab" (laboratoire de fabrication) à Saint-Georges-de-Montaigu.

Un "médialab" à imaginer

Le premier veut lancer un "laboratoire de communication(médialabdans son bâtiment du parc Vendée Sud Loire. Il puisera sa matière dans les domaines de la communication et du spectacle, du "web marketing" et "tout ce qui tourne autour du virtuel". "L'enquête de Terres de Montaigu recense les gens susceptibles d'être intéressés", apprécie le gérant de Cox.

"Le médialab ne sera pas seulement une pépinière d'entreprises numériques", indique Laurent Charliot qui prévoit des échanges avec Ouest Médialab, installé à Nantes. Il faudra compter au moins une trentaine de personnes pour que la structure soit viable. "C'est un projet qui se construira ensemble". Le chef d'entreprise veut un lieu "convivial" imaginé dans le cadre d'une association.

Des vacances au "fab lab"

Le "laboratoire de fabrication" (fab lab) de la spécialiste Emmanuelle Roux est beaucoup plus avancé puisqu'il fonctionne déjà avec sept salariés à la Roche-sur-Yon, dans un écrin appelé Zbis. "On y est à l'étroit et l’on cherchait un bâtiment de 800 m². On l’a trouvé à Saint-Georges-de-Montaigu", explique celle qui a été nommée au Centre national du numérique en février dernier.
Dans ce type d'endroit on crée et on produit des objets grâce à des outils gérés par commandes numériques : découpe laser, imprimante 3D, brodeuse, etc. Les utilisateurs sont des "faiseurs" (makers). "Ce lieu permet de rencontrer l'autre, d'essayer, de vous tromper aussi. C'est un autre état d'esprit".
À Saint-Georges, la dirigeante va continuer à proposer des animations pour les enfants. Tout comme son atelier de fabrication avec sa formule d'abonnement et des formations. "On ajoutera sans doute des machines plus lourdes comme les fraiseuses bois, indique-t-elle. On aimerait aussi accueillir des start-up locales".
Et pourquoi ne pas faire de Zbis une place forte du tourisme pour les "faiseurs" (makers) internationaux ? C'est l'idée originale lancée par Emmanuelle Roux qui a l'intention, à long terme, de "mélanger les locaux et les vacanciers". Elle est déjà dans le concret puisque "des stages d'une semaine sont prévus dès cet été". Au programme : jeux de plateaux, drones, accessoires de plages - cerfs-volants et jeux vidéo. La chef d'entreprise en est convaincue ; "On peut passer ses vacances à créer autrement".

(d'après Roselyne Séné, Ouest-France, 21 mai 2016

Jeudi 23 juin, réunion de restitution de l'enquête de la communauté de communes et présentation du "Fab lab" et du "Médialab", de 18 h 30 à 20 h 30, au théâtre de Thalie à Montaigu.