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Jeanne au cœur de "la cité"

NDDL : un débat (?) vendéen sur l’aéroport nantais


Lundi soir à Montaigu, au théâtre de Thalie, des associations pour et contre le projet de Notre-Dame-des-Landes ont donné leur point de vue sur le transfert de l'aéroport nantais.

 

Un débat aux Marches de Bretagne

"Au-delà des postures idéologiques, nous souhaitions des arguments techniques et économiques" a lancé Jean-Michel Mousset, président du Cera (Centre d'échanges et de réflexion de l'avenir), lundi soir à Montaigu et organisateur d'une conférence-débat sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. À un mois de la consultation locale, effective sur la seule Loire-Atlantique, deux cents personnes se sont déplacées, de la Vendée et du département voisin.

Qu'ont dit les partisans du oui ?

Alain Mustière, président des Ailes pour l'Ouest, a tenu à rappeler la progression du nombre de voyageurs et de la prochaine saturation de l'aéroport actuel. "Il y a quatre ans d'avance sur les prévisions les plus optimistes".
Selon lui, persister avec Nantes Atlantique conduirait à un isolement des Pays de la Loire, en plein développement démographique. Il s'est adressé aux entrepreneurs : "Vous êtes confrontés à la recherche de nouveaux marchés. Ce nouvel aéroport permettra une vision à long terme des entreprises vendéennes".


Une vue de l’aérogare de Notre-Dame-des-Landes.
Annie Le Gall La Salle  présidente de
Nexus, et Alain Mustière, président des Ailes pour l'Ouest.

Ceux du non

L'association Nexus, présidée par Annie Le Gall La Salle, s'interroge sur la saturation de l'aéroport actuel. L'optimisation de Nantes Atlantique pourrait contenir 10 millions de passagers, "sans souci majeur", selon elle.
L'association prône une desserte par un transport collectif "Nantes Atlantique a bien des atouts pour envisager le futur aérien dans l'Ouest", a martelé la présidente.
L'idée ? Raccorder la plate-forme aéroportuaire actuelle au réseau urbain, départemental et régional. Avec un grand principe : l'interconnexion entre les pistes de Rennes, Angers et Nantes ainsi que la création d'une ligne TGV Sud-Loire, "Elle pourrait passer par le Puy du Fou et ouvrir des fenêtres économiques vers le sud", des idées à la faisabilité simple, et frappées de réalisme et de bon sens, laisse-t-elle entendre.

Et celui des spectateurs

La première question s'est arrêtée sur les propositions, complexes, de Nexus. "C'est un sujet sur le ferroviaire que nous avons vu là". Un dirigeant d'une entreprise pouzaugeaise rêve de lignes internationales, nécessaires au développement de sa société, "Y en aura-t-il ?". Alain Mustière considère que la demande est là. "Des destinations vont arriver, la demande créant l’offre". Un argument plus ou moins confirmé ou démonté par Thierry Masson, pilote de ligne : "À Nantes, c'est du low cost. Ces compagnies ne s'intéressent pas au long courrier… tout au moins pour l’instant et dans le cadre des équipements actuels".
Mais rapidement les remarques et les témoignages, de ceux qui étaient bien décidés à refuser tout échange "d’arguments techniques et économiques", ont tourné en défaveur du oui. Le coût des taxes aéroportuaires a été évoqué, puis l'avenir de Rennes Saint-Jacques et la concurrence de l'onéreux TGV, ainsi que la question de la mobilité.
Enfin, suite aux insistances d'Alain Mustière sur les violences des opposants, une spectatrice a tenu à lui répondre. "Nous ne sommes pas tous des violents. Lors des dernières manifestations, nous étions 35 000 à 40 000, venus de partout parfois même d’au-delà des frontières. Ceux qui ont décidé étaient combien ? Qu’est-ce que la démocratie : les urnes ou la rue ?"
Au bout du compte : une "soirée-refus-de-débat" ?

(d'après Ouest-France, 25 mai 2016


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