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la BERNARDIÈRE

 

 

 

la BERNARDIÈRE au début du 20e siècle

Créée 30 ans plus tôt, la carte postale devient photographique vers 1900. Pendant 15 ans elle connaît un "âge d'or", s'illustrant des scènes typiques et des petits moments de la vie locale...
La Bernardière, en 1900, en 6 cartes postales :

Image rotator
(cartes postales : origines diverses)

Pierre BONNET, mémorialiste de la BERNARDIÈRE

Pierre Bonnet avait écrit le "livre-mémoire" de Saint-Hilaire-de-Clisson, sa commune natale. Cinq ans plus tard, il publie un second ouvrage historique fleuve : Mémoire du Peuple - la Bernardière Vendée qui raconte l'histoire de la Bernardière et, à travers elle, montre combien les mémoires collectives ont pu être façonnées par l'inculcation, générations après générations, de la mythologie du "roman national" selon Ernest Lavisse.

L'auteur a suivi rigoureusement la même méthode de travail que pour son premier livre. Pour collecter la masse d'informations et de données, il a relevé les plans cadastraux, a consulté les archives de la mairie vendéenne, "dont l'état civil remonte à 1626", "toutes les délibérations du conseil municipal depuis que les registres sont tenus, à savoir en 1825", ainsi que les archives paroissiales... Pour "recueillir le maximum de renseignements", l'auteur a réalisé près d'une cinquantaine d'entretiens avec des habitants. Le fruit de ce travail, long de 18 mois et entamé début 2009, fait 363 pages.
L'ouvrage est divisé en six parties : le pays, population et démographie, bourg et villages, paroisse et écoles, communes et activités, vie moderne. Six parties, comme autant "de petits livres de 40 à 80 pages", bourrés d'illustrations. En lisant Mémoire du peuple - la Bernardière Vendée, on y apprend que la Bernardière avait un lien très fort avec Clisson ("Trois de ses sénéchaux avaient élu domicile à la Bernardière : à la Pénissière-la-Cour...". "Il existe un chemin direct, visible sur les cartes IGN, qui relie le bourg à Clisson"...) ; que "le cadastre a vu le jour en 1814"... La démographie, les familles : tout est détaillé... On y découvre aussi des curiosités: comme cette urne funéraire trouvée dans le village de la Logerie, dans ce qui devait être un "ancien cimetière gallo-romain" (l'objet est aujourd'hui exposé au musée Dobrée à Nantes)... Pierre Bonnet est intarissable sur l'histoire de la Bernardière, de la fin du Moyen Age à nos jours.
Sa femme, Élise, originaire de la commune, l'a accompagné à la rencontre des Bernardins. Paul Plessis et Maïté Picot-Lebot ont contribué à la réalisation de cet ouvrage en y joignant leurs recherches, leurs états d'âme respectifs, et parfois des partis pris témoins d'une autre époque.


A 82 ans, Pierre Bonnet, ne sait pas s'il fera "un autre livre".
Mais, ajoute-t-il, sourire aux lèvres, "j'ai des choses qui peuvent intéresser."

Comme son nom l'indique, "Mémoire du Peuple - la Bernardière Vendée" se veut un "vrai livre-mémoire" qui s'adresse "aux gens de la Bernardière", anciennes comme nouvelles générations. Tiré à 300 exemplaires, il est vendu au prix de 20 euros dans les maisons de la presse de la région.
(
d'après Ouest-France - 9 septembre 2010 - et l'Hebdo de Sèvre & Maine -16 septembre 2010)

1789, les Doléances des habitants de la BERNARDIÈRE

En 1779, dans son Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, l’ingénieur géographe Jean-Baptiste Ogée (1728-1789) décrit ainsi la Bernardiere : "dans les Hautes Marches à 7 lieues 1/8 au sud-est de Nantes, son évéché et son ressort ; à 29 lieues 1/3 de Rennes ; et à 1 lieue 1/2 de Clisson, sa subdélégation. […] Son territoire se termine à la province de Poitou ; il est exactement cultivé, et fertile en grains et en vin. On n’y voit pas de terres incultes." (Bien qu'en Vendée depuis 1790, la Bernardière fait depuis toujours partie de la Bretagne). 
Le 5 avril 1789,  le "général" (assemblée des hommes) de la paroisse était convoqué pour rédiger le Cahier de Doléances de la Bernardière et pour nommer deux représentants pour aller à Nantes rédiger celui de l’ensemble du baillage. Ils y demandèrent "que les droits de la province soient conservés, sauf les droits respectifs… 
Le 27 septembre suivant ils étaient de nouveau convoqués, suite aux décrets du 4 août, leurs députés aux États Généraux sollicitant une extension de leurs pouvoirs pour pouvoir abolir les droits provinciaux de la Bretagne. Après avoir, comme leurs voisins de Clisson et autres paroisses, considéré "que les droits, immunités, libertés et franchises dont les Bretons ont joui jusqu’à présent, forment la Constitution de leur Province, que cette Constitution est immémoriale et remonte à la fondation de la souveraineté de la Bretagne, qu’ayant toujours été regardée comme sacrée, elle n’a souffert aucune atteinte sous les ducs de Bretagne, qu’elle a même constamment été respectée par les rois de France leurs successeurs par plusieurs chartres et contrats […]", ils déclarèrent s’opposer à de tels abandons de souveraineté et persister dans le maintien de la limitation des pouvoirs de leurs députés... (3 p.)

la BERNARDIÈRE - "Chronique paroissiale"

La Chronique paroissiale de la Bernardière, éditée en 1895, a été rédigée par Hippolyte Boutin (1851-1901), à partir d'une base succinte d'Eugène Aillery (1806-1869), écrite une trentaine d'années plus tôt.
Un appendice de 8 pages sur le combat de la Pénissière (épisode de la tentative de soulèvement fomenté par la duchesse de Berry en 1832) y compile des récits faits par divers historiens légitimistes et philippistes de cet événement.
(22 p.)

1832, l'Affaire de la Pénissière

Le 6 juin 1832 eut lieu l'événement majeur (mises à part les destructions et tueries révolutionnaires) de l'histoire de la Bernardière. La duchesse de Berry faisait alors une vaine tentative pour établir sur le trône de France son tout jeune fils "Henri V", le futur comte de Chambord. Un groupe de ses partisans se retrouva encerclé à la Pénissière, par les troupe philippistes se tenant prudemment à distance après avoir réussi à mettre le feu au bâtiment. La quarantaine d'assiégés réussit à échapper aux flammes à la faveur de la nuit avant, pour la plupart, de prendre les chemins de l'exil. La participation à ce "combat sans espoir" fut longtemps un titre de gloire dans les milieux légitimistes... (4 p.)

DÉMOGRAPHIE et POPULATION de la BERNARDIÈRE

la BERNARDIÈRE - population de 1791 à 2010

En 1962, la définition de la population d'une commune ayant été modifiée, le nombre retenu dans le tableau (863 hab.) correspond à la nouvelle définition utilisée jusqu'à aujourd'hui. Suivant la définition antérieure, la Bernardière aurait compté 827 habitants en 1962.

 

1791

1796

1801

1806

1816

1821

1826

1831

1836

1841

1846

1851

 

936

397

357

955

 

935

989

928

999

1096

1116

1093

1856

1861

1866

1872

1876

1881

1886

1891

1896

1901

1906

1911

1921

1086

1084

1071

1054

1040

1031

1014

1061

1045

1032

1032

1034

948

1926

1931

1936

1946

1954

1962

1968

1975

1982

1990

1999

2010

2013

921

922

878

870

881

863

841

789

1060

1109

1172

1672

1757


la BERNARDIÈRE - recensement de 1851

Les recensements de 1791, 1796, 1801, 1806, simples dénombrements, prêtent en tant que tels le flanc aux critiques. Mais à partir de 1816, ils sont devenus fiables, donnant les noms, domiciles, professions, âges... de tous les habitants.
Pour celui de 1851, voici pour la Bernardière leur traduction en pyramide des âges :

On ne dispose pas à la Bernardière de recensement pour 1816. Cependant, plus de 55 ans après, les événements de 1793-1794, tout en devenant de moins en moins visibles, marquent encore le sommet de la pyramide de 1851. Ils se manifestent surtout indirectement par un phénomène "classes creuses" / "classes pleines", les plus nombreux natifs des années 1831 et suivantes étant les enfants des natifs des années 1796 et suivantes (cf. la démographie de la Bruffière).

la BERNARDIÈRE - bibliographie

(voir aussi la bibliographie sur "pays de Montaigu et Marches de Vendée et de Bretagne",

- Archives Départementales de la Vendée (ADV), Notice sur la Bernardière (état-civil, recensements, cadastre napoléonien, bibliographie et sources annexes).

- Bonnet (Pierre), Mémoire du Peuple - la Bernardière Vendée, 2010, 363 p. 237 ill.

- Chroniques paroissiales, t. 2 (canton de Montaigu), 1895, p. 202-255.

- Mignet (Maurice), "L'Affaire de la Pénissière (6 juin 1832)", in Le Marcheton, n°7, 2009, p. 13-16, 7 ill.

- Ouvrard (Ch.), 1794 : "la Bernardière... une année remarquable par son passé historique", La Boullaïe des ancêtres, n°81, 1er trim. 2001, p. 10-15, fac-sim.

- Patrimoine des communes de la Vendée, t.1, Le Flohic Éditions, 1999, p. 521-522.