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Montaigu, ville forte, et toponymie

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Cette page propose un "parcours toponymique" autour des noms de lieux de Montaigu hérités de son passé de ville forte.

Montaigu doit son origine à ses fonctions défensives. Alors qu’à l’époque gallo-romaine le centre de peuplement local était Durinum (ou Durivum), actuel Saint-Georges-de-Montaigu, l’insécurité créée par les invasions dites barbares, puis, au IXe siècle, par les incursions normandes, entraîna des déplacements des populations à la recherche de sécurité. Le site du promontoire formé par la confluence de la Maine et du vallon encaissé de l’Asson était favorable à la défense : il servit de lieu de refuge pour les habitants du voisinage. Un château y fut construit, protégé au nord par le creusement d’une grande douve, appelée plus tard "douves intérieures", au-delà de laquelle un village se développa.

Bientôt ce village fut fortifié, faisant ainsi de Montaigu l’une des "vingt-trois villes du Poitou". Elle était au sud accollée au Château et au vallon de l’Asson, occupé alors par un étang de protection : "l’étang Saint-Michel". Entre ce dermier et "l’étang du Château" se situait la "porte Saint-Jacques", probablement précédée d’une barbacane, et par où passaient la route allant vers la Rochelle, et la route qui, empruntant le "Pont neuf", gagnait la côte. A l’ouest, elle était protégée par la Maine que franchissait le "pont Saint-Nicolas", protégé par la porte du même nom. Au nord et à l’est, la ville était défendue par un long fossé appelé "douves extérieures", en partie en eau. Deux portes laissait passer la route allant vers Nantes, la "porte Nantaise", et la route allant vers Tiffauges et au-delà, la "porte Notre-Dame" ou "porte de Tiffauges", elles aussi probablement précédées par des barbacanes. Aujourd’hui, certains vestiges, généralement datés du XIIe siècle, subsistent encore de ces fortifications : deux restes de tours de part et d’autre du "pont Saint-Nicolas", ceux de trois autres tours à l’est de l’ancienne "porte Saint-Jacques", et ceux d’une dernière tour au nord de la "porte Notre-Dame". Sa position géographique fit que Montaigu se trouvait à l’époque dans la mouvance du parti des Plantagenet, opposé à celui des Capétiens et, localement, face à celui des ducs de Bretagne. Cependant, au début du XVe siècle, les seigneurs de Montaigu se mirent du côté du dauphin et futur roi de France, Charles VII, et l’un d’eux, Jean III Harpedane, se trouvait en mai 1429 aux côtés de Jeanne d’Arc lors de la délivrance d’Orléans.

La localisation de ces vestiges laisse à penser que la ville d’alors devait avoir des dimensions comparables à celle dont les défenses furent renforcées par Louis XI, trois siècles plus tard, et qui marquent les limites de la "vieille ville" d’aujourd’hui. Ce roi de France, voulant en finir avec l’indépendance de la Bretagne, acquit en 1473 la baronnie de Montaigu et, par une ordonnance du 14 décembre 1476, fit renforcer les défenses de la ville. Les "douves extérieures" furent approfondies et les fortifications, réutilisant ce qui préexistait, furent adaptées aux progrès de l’artillerie. Les différentes portes furent dotées de bastions dont des restes subsistent encore en 2014 pour la "porte Saint-Jacques" et la "porte Notre-Dame". C’est probablement là l’origine du mythique "château des Sept Trompettes", destiné à protéger le pont et la "porte Saint-Nicolas".

Le rôle militaire de Montaigu prit théoriquement fin en 1491, lorsque la duchesse Anne de Bretagne fut contrainte de se marier avec Charles VIII, et que le duché fut rattaché de facto au royaumme de France. Cependant, soixante-douze ans plus tard, les guerres de Religion le firent renaître. Une part importante de la noblesse locale rallia le camp des huguenots, tandis que le reste de la population restait majoritairement catholique et que le duché voisin de Bretagne, avec sa capitale, Nantes, tenaient pour la Ligue. Montaigu fut pris ou repris huit fois entre 1563 et 1588. Mais, en 1580, la paix du Fleix, en Périgord, marquant la fin de la septième guerre de Religion, décida que le Château de Montaigu serait démantelé, ce qui fut fait en 1586. Et après un dernier siège en 1588, les fortifications de la ville tombèrent jusqu’à aujourd’hui dans l’abandon, les douves se comblant peu à peu et les portes et bastions disparaissant avec les aménagements routiers et urbains.

Durant la Révolution, la ville eut de nouveau, et pour la derniere fois, une certaine importance militaire. Suite à la révolte des populations vendéennes en mars 1793, les troupes républicaines chargées de la répression vinrent occuper la ville le 16 septembre 1793, la perdirent quelques jours plus tard, et la reprirent le 30 suivant. L’ayant incendiée et en bonne partie détruite, ils s’installèrent dans ses restes afin d’imposer les ordres du pouvoir révolutionnaire et de pourchasser les insurgés et leurs partisans dans la ville et dans le pays environnant. C’est après 1800 et avec le retour effectif à la liberté de pensée et à une tolérance religieuse que cette occupation militaire cessa.

Pour connaître en quelques lignes les noms de lieux de Montaigu hérités de son passé de ville forte : cliquer sur les noms de la liste ci-contre, ou cliquer sur les carrés bleus sur la carte.

 

( : fiche toponymique - © GEOPORTAIL )

Pour effectuer un autre "parcours toponymique" :

- "Montaigu ville forte",
- "Notabilités montacutaines",
- "le Château de Montaigu",
- "les Moulins de Montaigu",
- "le Faubourg Saint Jacques",
- "le Faubourg Saint-Nicolas",
- "Montaigu dans la Révolution",
- "les Monuments religieux de Montaigu",
- "les Rues et places de la Vieille Ville"...

Pour accéder à l'ensemble des 218 fiches de noms de lieux de Montaigu :

Patrimoine toponymique de Montaigu