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MOYEN ÂGE - Littératures religieuse et didactique

Chansons de Geste / Troubadours, Trouvères, Poètes / Romans "bretons", courtois et autres / Littératures religieuse et didactique / Théâtre et Satires / Chroniques et Écrits politiques


La culture médiévale est essentiellement religieuse et, en dehors des Serments de Strasbourg (842), les œuvres les plus anciennes qui nous soient parvenues de la littérature française sont des vies de saints (hagiographies), et les thèmes religieux sont présents dans tous les genres littéraires. C'est aussi dans le cadre religieux que se développent la littérature didactique et la littérature scientifique.

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HAGIOGRAPHIES et LÉGENDES PIEUSES

les VIES des SAINTS aux origines de la littérature médiévale
Les récits de vie de saints ont pour rôle de faire connaître aux fidèles le saint ou la sainte dont la liturgie du jour célèbre la fête. Elles donnent naissance à des poèmes chantés lors des fêtes religieuses ou par des jongleurs.

Ces écrits seraient à faire suivre (ou à faire précéder) des textes des évangiles apocryphes, dont la datation est incertaine. Ils utilisent abondamment le merveilleux pour faire des récits romancés de la vie de Jésus-Christ. En voici quelques-uns...

les RÉCITS DÉVOTS
Suite des vies des saints, les légendes pieuses et contes moraux visent à l'édification morale tout en se situant aux limites du fabliau, du roman, voire du théâtre.

Jacques de VORAGINE et la Légende dorée
La Légende dorée
(Legenda aurea) est, après la Bible, l'ouvrage le plus lu et le plus diffusé au Moyen Age. Rédigée en latin entre 1261 et 1266, elle raconte la vie de cent quatre-vingt saints, saintes et martyrs chrétiens, suivant le cours des jours du calendrier liturgique. Elle inclut aussi certains épisodes de la vie du Christ et de la Vierge, et a beaucoup recourt à des traditions apocryphes (le Protévangile de Jacques ou les Actes de Pilate...).
Son auteur, Jacques de Voragine, est né à Varezze (d'où son nom) près de Gênes, vers 1228, et est mort à Gênes en 1298. En 1244, il avait rejoint l'ordre des Prêcheurs.

- la Légende dorée : tome 1 (493 p.), tome 2 (573 p.), tome 3 (549 p.)

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PÈLERINAGES PROCHES et LOINTAINS

Pour le pèlerin, le voyage vers les villes et lieux saints que sont Compostelle, Rome ou la Palestine est non seulement un moment de retour sur soi et sur sa foi, mais aussi une image réduite de son "cheminement" vers le salut. Au Moyen Âge, le pèlerinage vers les Lieux saints de Palestine est une démarche très importante, et la fermeture de leur accès entraînera la mise en place d'expéditions que, plus tard, on appellera "croisades".

 les Pèlerinages por aller à Jérusalem (v.1231)
• Estat de la Cité de Jhérusalem (Ernoul, v.1235)
• Description rimée des Saints Lieux (Philippe Mousket, v.1241)
• Itinéraire de Londres à Jérusalem (Mathieu Paris, v.1244)
• la Sainte Cité de Jhérusalem, les Saints Lieux et le Pélerinage de la Terre (Guillaume de Tyr, dit de Rothelim, v.1261)
• les Chemins de Pélerinage de la Terre Sainte (av.1265)
• Voyages en Syrie (Rusticien de Pise, v.1269-1271)
• Pélrinages et Pardouns de Acre (v.1280)
• la Devise des Chemins de Babylone (v.1289-1291)
• les Casaus de Sur (v.1291)
• Récits d'un Ménestrel de Reims...
• le Saint Voyage de Jhérusalem (Ogier d'Anglure, 1395)

 Codex de Saint-Jacques-de-Compostelle...

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THÉÂTRE RELIGIEUX et MYSTÈRES

L'apparition du théâtre au Moyen Âge se fait dans la prolongation du drame liturgique ainsi qu'en témoigne le Jeu d'Adam, première pièce entièrement en français, et le mélange entre théâtres profane et religieux est fréquent.

 le Jeu d'Adam (v.1150)
• le Jeu de saint Nicolas (résumé) de Jean Bodel
• les Vierges sages et les Vierges folles
le Martyre de saint Étienne
la Conversion de saint Paul
la Conversion de saint Denis
Comment saint Pierre et saint Paul allèrent à Rome et y furent martyrisés
le Geu saint Denis
le Miracle de sainte Geneviève
la Vie de saint Fiacre
la Nativité de Jésucrist
la Passion de Notre Seigneur
la Résurrection de Notre Seigneur
le Geu des Trois Rois
le Mystère de saint Crépin et saint Crépinien

les Miracles
Le succès des Vies des Saints développe aux XIIIe et XIVe siècles dans les œuvres théâtrales le genre du "miracle" dans lequel un saint intervient dans la vie des fidèles. Souvent cette intervention est le fait de la Vierge Marie, comme dans les Miracles de Nostre Dame (1218/1228, glossaire) de Gautier de Coinci (1178-1236) :

- l'Enfant donné au diable
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l'Abesse grosse
- l'Evesque que l'arcediacre murtrit
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la Femme du roy du Portigal
- la Nativité de nostre seigneur Jhesu Crist
- Saint Jehan Crisothomes
- la Nonne qui laissa son abbaie
- un Pape qui vendit le basme
- Saint Guillaume du désert
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l'Evesque à qui Nostre Dame apparut
- un Marchant et un Larron
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la Marquise de la Gaudine
-
l'Empereur Julien
-
un Prévost que Nostre Dame délivra
- un Enfant que Nostre Dame ressucita
-
la Mère du Pape
- un Paroissian esconmenié
- Théodore
- un Chanoine qui se maria
- Saint Sevestre
- Barlaam et Josaphat
- Saint Panthaleon
- Nostre Dame d'Ami et d'Amille
- Saint Ignace
- Saint Valentin
- une Femme que Nostre Dame garda d'estre arse
- l'Empereris de Romme
- Oton, roy d'Espaigne
- la Fille du roy de Hongrie
- Saint Jehan le Paulu, hermite
- Berthe
- le Roy Thierry
- Robert le Dyable
- Sainte Bauteuch
- un Marchant et un Juif
- Pierre le changeur
- la Fille d'un Roy
- Saint Lorens
- Clovis
- Saint Alexis

les Mystères
En général, le genre du "mystère" traite de la Passion du Christ en remontant souvent jusqu'à la naissance du monde pour en expliquer le sens. Ces spectacles peuvent être courts, mais parfois durent plusieurs jours, avec des centaines d'acteurs, et réunissent des milliers de spectateurs. Une genre qui s'est perpétué jusqu'à aujourd'hui.

le Mystère de la Passion (Arnoul Gréban, 1420-1471)
la Passion bourguignonne de Semur
la Passion du Palatinus

la Passion, drame en breton du Moyen Age
• la Resurrection du Sauveur (fragments)
 le Mystère du Viel Testament : tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6
• Mystères provençaux du XVe s. (la Création et la Chute, la Samaritaine, la Résurrection des morts, le Jugement de Jésus, Hymne à la Vierge, la Résurrection de Lazare, le Repas chez Simon, la Résurrection, Joseph d'Arimathie, le Jugement dernier)

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CHANTER les MERVEILLES de DIEU

Dépassant la limite des hymnes liturgiques, la poésie religieuse est présente dans l'œuvre "profane" de nombre d'auteurs, poètes et troubadours, tels Peire Cardenal, Folquet de Lunel, Jacques de Cambrai, Thibaud de IV de Champagne, Rutebeuf, entre autres.
La relation de l'homme avec un Dieu personnel donne aussi lieu à de nombreux ouvrages, parmi lesquels...

  • Raymond Lulle / Ramon Llull (1232-1315) Pour ce catalan multilingue, autant littéraire que philosophe, et dont l'œuvre aborde tous les domaines, la place essentielle est à donner aux questions spirituelles.
    - Libre de Contemplació de Deu, tome1, tome-2, tome-3, tome-4, tome-5, tome-6, tome-7
    - Del libre de Amic et Amat
    - Libre de Sancta Maria

  • Thomas a Kempis (1380-1471) Né près de Cologne, il appartient à un courant de spiritualité connu sous le nom de Devotio moderna et qui s'est étendu sur les rives du Rhin, de la Suisse à la Hollande. Il est l'auteur présumé de l'Imitation de Jésus-Christ, ouvrage qui aura une influence considérable et est le livre chrétien le plus édité après la Bible. Il met en garde contre les vanités du monde, fait l'apologie du renoncement, et s'attache à rendre la vie spirituelle accessible à tous.
    - l'Imitation de Jésus-Christ
    (1427)

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avec Fred Relaix

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LITTÉRATURE DIDACTIQUE et SCIENTIFIQUE

Hors du domaine politique, les ouvrages didactiques et scientifiques sont nombreux, en particulier à partir du XIIIe siècle qui est l'époque des "miroirs" (encyclopédies) et des "sommes". Ils sont encore souvent écrits en latin et beaucoup sont difficiles à trouver en ligne.

les OUVRAGES d'ÉDUCATION

  • le Mesnagier de Paris (v.1393) : tome 1, tome 2

  • Fouquart de Cambrai et alii, les Evangiles des Quenouilles (1480)

  • Raymond Lulle / Ramon Llull (1232-1315) Originaire de Majorque, précepteur puis sénéchal du futur roi Jacques II, il a une vie affective agitée. A 30 ans, brusquement converti, il se plonge dans la méditation, l'étude de la théologie, celle de l'arabe et dans la formation de missionnaires afin de convertir les musulmans. Il parcourt l'Europe et la Méditerranée : Rome, Paris, Montpellier, Gênes, Tunis, Naples, Chypre, Asie mineure, Bougie... Mal vu des hiérarchies ecclésiastiques, il connaît aussi plusieurs arrestations, emprisonnements, naufrages, et périra en mer au large de Majorque. Il est le père de la littérature catalane, mais a aussi laissé de nombreux écrits en arabe, latin, occitan ou français, ceci sur de multiples sujets.
    - Doctrine d'enfant
    - Félix ou les Merveilles
    - Evast et Blanquerne

  • Christine de Pisan (1364-1431) Face à une certaine misogynie ambiante (cf. le Roman de la Rose de Jean de Meung), elle attribue l'inégalité intellectuelle entre hommes et femmes non à la nature, mais à l'éducation et aux représentations d'elles-mêmes qui sont fournies alors aux femmes. Elle veut montrer par des exemples et allégories que les femmes peuvent prétendre à une existence pleine de noblesse tout en apportant leur contribution à la société.
    - le Livre du Chemin de longue Estude (1403)
    - la Cité des Dames, le Livre des Trois Vertus à l'enseignement des Dames (1405)

  • Geoffroy de La Tour Landry (v.1320-v.1406) Vivant à la Tourlandry à 15 km à l'est de Cholet, il participe à de nombreux combats de la Guerre de Cent Ans sous Charles V, il se marie deux fois. Le succès de son livre pour l'éducation de ses filles, émaillé d'anecdotes et de souvenirs personnels, dépassa les frontières et son édition allemande (Der Ritter vom Turn) de 1493 fut illustrée par Dürer.
    - Livre du chevalier de La Tour Landry pour l'enseignement de ses filles (1373)

les RÈGLES CHEVALERESQUES

  • Philippe de Novare (v.1195-ap.1265) Au soir de sa vie, il trace le portrait du parfait chevalier et de la dame accomplie au quatre périodes de la vie humaine.
    - Des quatre tenz d'aage d'ome

  • Raymond Lulle (1232-1315) Il présente dans un ouvrage écrit en deux langues ce que se doit d'être un chevalier : un homme armé, courageux et dont l'objectif ultime est de rencontrer la présence de Dieu dans tous les faits du monde.
    - Livre de l'ordre de Chevallerie

  • Honoré Bouvet / Bovet (v.1345-v.1405) Longtemps appelé à tort "Honoré Bonnet", il a laissé un ouvrage préconisant le respect de "droits de la guerre" dont l'efficacité fut nulle mais le succès immense :
    - l'Arbre des batailles (1387)

  • René d'Anjou (1409-1480) A travers un tournoi imaginaire entre le duc de Bretagne et le duc de Bourbon, le "Roi René" codifie le déroulement de ceux-ci dans le Traictié de la forme et devis d'ung tournoy, abondamment illustré et plus connu sous le nom de...
    - Livre des Tournois (v.1460)

l'INVENTAIRE du SAVOIR

  • Philippe de Thaon (XIIe siècle) Il est le premier à écrire en français (anglo-normand) des ouvrages scientifiques décrivant les animaux et les pierres ainsi que leurs vertus. Comme tous les ouvrages du Moyen Age, ils visent à instruire autant qu'à plaire.
    - Bestiaire, Lapidaire
    - Comput (v.1119)

  • Richard de Fournival (1201-1260) Médecin de Philippe-Auguste et de son fils Louis VIII, il est l'auteur d'un "Bestiaire d'Amour" suivant une symbolique courtoise.
    - Bestiaire

  • Brunet Latin / Brunetto Latini (v.1220-1294) Important personnage politique de Florence, il est réduit à l'exil par les viscissitudes de l'histoire. Il y écrit en langue d'oïl une encyclopédie compilant à peu près toutes les connaissances de l'époque, y exposant entre autres choses les fondements de la théorie politique républicaine florentine.
    - le Livre du Trésor

  • Thomas d'Aquin (1224-1274) Originaire d'Italie, il enseigne à l'université de Paris où il fait la synthèses d'une réflexion théologique qui s'était développée de façon vigoureuse et foisonnante depuis la seconde moitié du XIe siècle.
    - Somme théologique : tome-1, tome-2, tome-3, tome-4, tome-5, tome-6, tome-7, tome-8, tome-9, tome-10, tome-11, tome-12, tome-13, tome-14, tome-15, tome-16.

  • Raymond Lulle / Ramon Llull (1232-1315) Dans un ouvrage, il représente chaque science par un arbre avec ses racines, son tronc, ses branches, ses feuilles et ses fruits. Ces arbres expriment une systématisation claire de la connaissance, organisant et simplifiant l'étude des diverses disciplines traitées.
    - Arbre de Science

  • Lapidaires du Moyen Age : Catalogues de gemmes et autres substances analogues avec leurs valeurs médicinales et leurs vertus magiques.
    - Lapidaire de Marbode
    - Lapidaire de Modène
    - Lapidaire de Berne
    - Lapidaire de Cambridge
    - Lapidaire de Mandeville
    - Lapidaires d'origine chrétienne

  • Tacuinum Sanitatis. Manuel de santé médiéval, basé sur le Taqwin al‑sihha (la préservation de la santé), un traité médical arabe écrit par Ibn Butlan (1001-1066) de Bagdad, et traitant de l'hygiène, de la diététique et de l'exercice physique. Les aliments, les phénomènes atmosphériques, les saisons et tous les facteurs d'environnement en général sont classés en différentes catégories selon les qualités des éléments qui leur sont attribuées.
    - Tacuinum Sanitatis (traduction de l'école de Salerne)

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VOYAGES et CONNAISSANCE du MONDE

Suivant les pas des commerçants empruntant depuis longtemps les routes de l'Orient, certains voyageurs d'exception mettent par écrit les relations de leurs expéditions :

 BENJAMIN de Tudèle, voyageur navarrais
Né en 1130 à Tudèle, sur les bords de l'Ebre, il meurt en 1173. Rabbin de la communauté juive de sa ville natale, il part en 1160 pour un long voyage vers l'Orient. Servi par sa grande connaissance de langues, il parcourt la vallée de l'Ebre, Marseille, l'Italie, la Grèce, Constantinople, la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, la Perse, l'Égypte... il est de retour en 1173. Le récit de son voyage, écrit en hébreu, ne fut traduit en latin et dans les langues européennes que de nombreux siècles plus tard.

- Voyages de Benjamin de Tudelle autour du monde (1160/1173), 104 p.

 ASCELIN de Crémone, un ambassadeur peu diplomate
Lorsqu'en 1245, au concile de Lyon, le pape Innocent IV décida d'envoyer quatre ambassades auprès du grand khan des Mongols, l'une d'entre elles fut confiée au dominicain Ascelin (les autres furent conduites par André de Longjumeau, Jean de Plan Carpin, Laurent du Portugal).  Simon de Saint-Quentin, qui s'était joint à lui en chemin, en fit la relation. Ascelin (= Anselme) ne rencontra, en 1247, qu'un général mongol aux confins de l'Arménie et de la Perse et ne put pousser plus loin. Son sens limité de la diplomatie rendit la rencontre difficile, au point qu'il échappa de peu à la mort. De retour à Lyon l'année suivante, il revenait accompagné de deux émissaires mongols, seul point positif de sa mission.

- Voyage du Frère Ascelin et ses compagnons vers les Tartares (1245/1248), 21 p.

 Jean de PLAN CARPIN, envoyé auprès du Grand Khan
Né en 1180 à Plan Carpin, en Ombrie, il meurt en 1252 à Antivari (Bar, en Monténégro). Religieux franciscain, son expérience des voyages en Europe centrale, sa réputation d'ambassadeur et de négociateur, le font choisir par le pape Innocent IV comme envoyé auprès du khan des Mongols. Parti de Lyon le 16 avril 1245, il rencontre après avoir dépassé Kiev, les avant-postes mongols sur le Dniepr. Escorté auprès de Batu (petit-fils de Genghis khan) qui campe à l'embouchure de la Volga, il est envoyé par celui-ci à Karakorum, la capitale. Là il est reçu par Güyük qui vient de recueillir la succession d'Ogoday, mais ne peut ni le convaincre d'arrêter sa marche vers l'occident, ni à devenir chrétien. Il repart le 26 novembre 1246, arrive à Kiev le 9 juin 1247, et vers la Toussaint il est de retour à Lyon. Son récit est le premier rapport en Occident d'informations détaillées et précises sur le monde mongol.

- Voyage en Tartarie et en Chine (1245/1247), 94 p.

 Guillaume de RUBROUCK, un Flamand chez les Mongols
Né vers 1220 à Rubrouck (près de Cassel, en Flandres), il meurt après 1293. Ce franciscain qui participe à la VIIe croisade (1248-1254) est envoyé par (saint) Louis IX, avec deux autres religieux, comme ambassadeur auprès de Mangu khan (1253). Bien reçu, il suit le grand khan à Karakoram, mais celui-ci se contente de le renvoyer enjoindre le roi de France à se reconnaître son vassal. Le récit de ce périple de 16000 km à pied et à cheval est un véritable livre d'aventures, écrit par un voyageur doué d'une grande capacité d'observation.

- Voyage en Orient (1253/1255), 362 p.

 Marco POLO, et les splendeurs de la Chine
Né à Venise en 1254, il y meurt en 1324. En 1271, il part avec son père Nicollo et son oncle Mattéo qui reviennent d'un long voyage (1260-1269) en Asie centrale, où ils ont rencontré l'empereur Kubilay. De Saint-Jean-d'Acre, ils gagnent Ormuz, puis de là l'Asie centrale par le Wakhan, Kachgar, la route des oasis du sud du Takla-Makan et le sud du Lob-Nor, pour arriver à Saciu (Dunhuang). En 1274, il est reçu à la cour mongole. Après avoir fait ses premières armes à Ganzhou, on lui confie de hautes fonctions et on l'envoie en mission en Annam, au Tonkin, en Inde, en Perse... Ayant été autorisé par Kubilay à rentrer en Occident, il revient par Sumatra (1292) et arrive à Venise en 1295. La prodigieuse richesse et les récits extraordinaires (écrits en langue d'oïl) qu'il rapporte de ses vingt ans passés en Chine provoquent énervement et scepticisme chez ses compatriotes.

- le Livre des Merveilles (1271/1295), 150 p.

 Odoric de PORDENONE et la première mission en Chine
Né en 1286 dans le Frioul, à Pordenone, il y meurt à Udine en 1331. Après le concile de Lyon de 1245, de nombreux dominicains et franciscains avaient été envoyés en Asie, et plusieurs missions dépêchées par les papes Jean XXI et Nicolas III auprès de Kubilay, premier empereur mongol de Chine (1260-1294). En 1289, une première mission permanente avait été fondée en Chine par Jean de Monte Corvino, envoyé par Nicolas IV. Odoric de Pordenone part la rejoindre en 1318 : Constantinople, la mer Noire, la Perse, Ormuz ; puis par la mer Ceylan, Sumatra, le Fujian, Hangzhou ; enfin par terre Khan-baliq (Pékin). Il y reste trois ans. Il rentre en Europe en passant par l'Asie centrale. Il a passé pour être le premier Européen à être allé à Lhassa, dont il est le premier à parler.

- Voyage en Asie (1318/1330), 186 p.

• Abu Abdullah Muhammad (...) IBN BATTUTA, un voyageur impénitent
Né à Tanger en 1304, il meurt en 1377 à Fès. De 1325 à 1354 il voyage en Afrique du Nord, Egypte, Arabie, Asie mineure, Moyen-Orient, Russie, Asie centrale, Perse, Inde, Ceylan, Sumatra, Chine, Sahara, Mali, Espagne... (cf. la vivante synthèse qu'en donne Wikipédia) faisant rédiger par son secrétaire son journal (Rihla) où il décrit les régions qu'il traverse et les mœurs de leurs habitants. Il bénéficie de la propagation de l'islam et de la langue arabe, ainsi que du développement du commerce, se joignant souvent à des caravanes ou embarquant sur des navires marchands musulmans. Il échappe à de nombreux dangers : il fait naufrage, est dépouillé par des brigands, est amené à faire plusieurs mariages successifs ou simultanés... Ses "relations" sont d'importantes sources de renseignements géographiques et historiques.

- Voyages de l'Afrique du Nord à la Mecque, 399 p.
- Voyages de la Mecque aux steppes russes, 393 p.
- Voyages en Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan, 383 p.

 Ruy GONZALES de CLAVIJO, ambassadeur auprès de Tamerlan
La tradition dit qu'il nait à Madrid, ville où il meurt en 1412. Envoyé par Henri III, roi de Castille, comme ambassadeur auprès de Tamerlan, il part de Cadix, gagne Rhodes, Constantinople, Trébizonde, puis à travers l'Arménie et la Perse atteint Samarcande le 31 août 1404. Il est reçu par Tamerlan le 8 septembre. Dans le récit qu'il fait de son voyage, il décrit les fastes de la cour de Tamerlan, ainsi que les activités et les splendeurs de la capitale et de ses nombreux artisans, pour la plupart des captifs. A peine l'ambassade a-t-elle quitté Samarcande que survient la mort de Tamerlan, en février 1405, ce qui déclenche de nombreuses révoltes rendant plus difficile le retour des voyageurs.

- Ambassade auprès du grand Tamerlan (1403/1406), 270 p.